"Si l'ennui reste le pire des maux lorsque les faenas se succèdent dans des tons invariablement pastel, l'aprés-midi vécu par les aficionados ayant envahi les arènes vendrei 29 mai 2009, n'à, en revanche et à aucun moment, laissé une seconde de répit. Ni au public ni aux toreros. Des corridas comme celle connue pendant plus de deux heures et demie vendredi laisse en effet la foule des spectateurs transportée et fait taire les réserves, tant la charge que cette journée a dégagée balaie tout sur son passage.
De A à Z, du premier capotazo à la dernière estocade, avec la bravoure exprimée par les toros de Garcigrande, leur générosité souvent pernante et prolongée sous la pique, leur caste et leur piquant, leur tempérament parfois compliqué et arfois irrésistiblement loyal, les lidias ont fait vibrer sans cesse, laissant les gradins suspendus à tout ce qui se déroulait en piste.
Inclassable, Javier Conde l'a toujours été, et après la faena administrée à son premier adversaire, qui aurait parié que l'Andalou soit en mesure de faire un coup d'éclat et de sortir triomphalement ? Mais Lanero est sorti. Conde a brindé ce toro à José Tomas, et a vite compris qu'il était exceptionnel de carburant et que son moteur était inusable. La suite le confirma, et après de longues phrases de canto et d'expressivité, Lanero est reparti vivant...
Mais ce vendredi ne restera pas seulement comme celui de l'indulto du pensionnaire de Garcigrande. Il sera celui d'un José Tomas d'une majesté folle dans ses passes genou ployé, d'une profondeur insondable dans ses naturelles, ses enchaînements et ses pechos, d'une sincérité inouie dans ses manoletinas finales. Devant deux adversaires pouvant laisser la plupart (tous ?) de ses confrères "à la rue", Tomas, malgré les problèmes épineux posés(son dernier opposant ne voulant jamais être fixé, aurait dérouté des légins de toreros majeurs), a fait montre d'une science supérieure. Et Matias Tejela d'un sérieux et d'un engagement qui en disen long sus ses moyens actuels. Amples et charnues, intenses et rythmées, chacune de ses faenas a été une démonstatrion de vérité et de maestria." R.M.